10 soldats puis... le néant

Les morts déboulent comme prévu. Comme une sorte de nouvelle que tout le monde redoutait mais savait inéluctable. La guerre propre n'existe pas et n'existera jamais. L'annonce des 10 soldats français abattus en Afghanistan est tombée. Lourde et franche. Il faut dire que cela fait un bail qu'autant de soldats français ne sont pas morts en même temps sur le front. De plus, cette annonce rappelle un peu le genre de dépêches annonçant le mort de soldats américains en Irak qui semble tant réjouir certains en France. Cette fois ci, c'est pour nous. S'en est suivi son lot de réactions souvent sous le signe de l'émotion (comme ne pas l'être), souvent aussi, sous le sceau de la haine Sarkozienne.

Je n'ai pas envie de débattre de ce sujet, je poste un billet, comme un cri en réponse à toutes les conneries que j'ai pu lire ici où là. D'un côté les médias, qui semblent découvrir que la guerre tue et qui, comme d'habitude, verse dans l'émotion systématique. Il faut raconter des histoires pour divertir le public, toujours. De l'autre la blogosphère, peu de billets censés et posés, trop de billets haineux envers la personne de Sarkozy, bien au delà même de sa politique. L'occasion est trop belle, des morts, des vrais, qui donnent aux attaques politiques un poids sans nulle autre pareille. Le Président et son gouvernement y sont décrits comme des gamins désormais dépassés par les conséquences de leurs actes. Quelle suffisance. Chez certains, il règne une sorte de plaisir difficilement dissimulé de voir le président français embarrassé de 10 cadavres de soldats sur les bras. Eux, les humanistes de toujours, les opposants au régime quasi dictatorial Sarkozien l'avaient dit il y a fort longtemps. Eux, nous, la crème de la crème de la pensée française. Foutaise messieurs nous sommes blogueurs et citoyens, Point barre. La technique consiste ensuite à se planquer derrière un seul argument, d'ailleurs pompé au PS. "Que fait la France en Afghanistan ?"

Oser poser la question c'est être autiste ou franchement touché par Alzheimer. L'Afghanistan, Vietnam pour certains, copie asiatique de l'Irak pour d'autres... Qu'est il advenu du choc du 11 Septembre 2001 de Madrid ou de Londres ? L'Afghanistan c'est le champ de bataille de la guerre du 21 ème siècle. Celle qui oppose un Islam fondamentaliste farouchement opposé aux valeurs occidentales à ces mêmes nations occidentales. Ces dernières qui, touchées en plein coeur doivent combattre là bas pour ne serais ce que ralentir l'immuable montée du terrorisme. Cette affaire là n'est pas uniquement américaine ou anglaise, espagnole ou française, c'est à coup sûr une réponse groupée d'un ensemble de nations partageant les même valeurs de libertés et de démocratie.

Alors, nauséabonds opportunistes de tous bords, pourquoi posez vous cette question dont vous connaissez l'évidente réponse ? Quelle est la stratégie à suivre ? Se taire face à l'agression ? Rentrer dans le rangs en obéissant aux desiderata de ces chefs religieux ? Renier les valeurs qui sont les nôtres pour une bien hypothétique tranquillité ?

Jouer sur l'émotion que suscite la disparition de 10 soldats français, là est le véritable dégoût.

Blackout.

Lire Toréador

La fin justifie t-elle les moyens ?

Non ce billet du jour n'a rien a voir avec un récent thème abordé lors des dernières épreuves philosophiques du bac. Non. C'est en revanche une question que je pose directement a mon ami Chafouin qui s'est fendu d'un billet agressif envers les économistes et notre rapport à la matière économie dans sa généralité. Voici que Chaf' se questionne sur le bien fondé de l'alarmisme qui envahit notre société vis à vis de nos performances économiques. Je reconnais bien l'humaniste averti au moins autant que le catholique, et il n'y a rien de péjoratif là dedans.

Une décroissance 0,3% ce n'est pas la fin du monde. Certes. Ce n'est pas non plus l'heure de l'implosion de la France tant la gifle frappe l'ensemble des pays développés. En ce sens, j'adhère plus ou moins au propos du Chafouin. Ce qui me gène en revanche c'est la manière avec laquelle il balaie d'un revers de main la science économique (puisqu'il s'agit là d'une science mathématique, basée sur des modèles, il suffit d'en bouffer quelques heures pour le comprendre très vite) ainsi que notre rapport au système économique. C'est assez souvent critiqué pour ne pas l'oublier, l'homme s'est fixé comme but la croissance économique brute. Ce raisonnement est d'ailleurs remis en cause par l'importance que prennent désormais les conséquences collatérales néfastes d'un tel cheminement intellectuel. Si les sociétés humaines se sont fixés de tels buts c'est d'abord parce que la performance économique est encore, et jusqu'à preuve du contraire, la meilleure manière de faire progresser les sociétés d'un point de vu social. Pour les sceptiques (oui il y en a encore étonnement), il suffit de regarder dans le rétroviseur pour prendre connaissance des progrès réalisés en ne serais-ce qu'un siècle. Et, si tenté que ce constat ne suffisait pas, nous pourrions quantifier ensemble le nombre de pauvres sortis ou - en train de sortir - de la pauvreté en Asie du Sud Est, Chine ou Inde.

C'est en revanche un fait indéniable que la machine économique capitaliste est imparfaite et que par conséquent l'homme vise un but instable. Mais à l'inverse de Chafouin, je soutiens que la fin justifie les moyens et que l'ambition de faire croître nos économies se doit d'être conservée pour permettre un développement des sociétés humaines. Mon confrère Chafouin provient de la grande tribue des anti matérialistes. A ceux là je pose une question. Que visez vous au début du mois lorsque vous vous rendez au travail ? Visez vous le développement du "moi" par le travail et les relations ou visez vous également la fiche de paie mensuelle, clé d'entrée de vos voyages, de vos lectures ou de vos sorties ? Il a fort à parier que les financiers sauvages de Wall Street apprécieraient un monde fait de salariés en quête perpétuelle de bonheur uniquement immatériel plus que chèques mensuels. S'il en est pour chacun d'entre nous, pourquoi en serait il autrement pour notre économie ?

Heureusement, Chafouin ne pousse pas si loin la critique et appelle à se retrousser les manches pour rebondir ! Économiquement, il fut prouvé à de multiples reprises que le système réagit selon des cycles en forme de vague dans lequel la purge et tout autant nécessaire que la période faste. Oui cher Chafouin, l'économie est une science, qui a prouvé son efficacité. Ce n'est pas simplement une discipline d'oracles illuminés. Oui il y a des erreurs, comme il existe des erreurs de diagnostic en médecine, mais il y a aussi des oeuvres qui nous expliquent les détails d'une mécanique ultra complexe et désormais mondialisée. Du haut de leurs théories "d'oracles", Smith, Ricardo, Keynes ou Friedman te regardent.

"Il n'y a de richesses que d'hommes" certes. Mieux vaut-il vivre 37 ans en Angola ou 82 ans en Europe ?

A venir un très probable billet relatif au débat ouvert par Malakine sur le retour ou non de l'Etat actionnaire.

Attachez vos ceintures, ça va secouer

Le mois d'Août est délicieux. La rentrée elle, devrait être plus amère. Entre les parasols, les lunettes de soleil et la torchons people, les français n'ont sûrement pas savouré l'appauvrissement relatif (-0,3%) de la France au second trimestre. Dommage. C'est assez rare pour en profiter. Il faut dire que par les temps qui courent, entre les altermondialistes et tous les autres illuminés gauchisants, on en viendrait presque à oublier que le premier levier de développement de nos sociétés c'est la progression du PIB.

Mais après tout, à quoi bon se causer du soucis puisque Mr Fillon himself et Mme Lagarde itself herself ne semblent pas non plus vouloir sauter partout en criant à la fin du monde. Curieux. Oui, curieuse situation dans laquelle un gouvernement responsable d'une puissance occidentale ose affirmer froidement à ses concitoyens qu'il n'y a pas le feu alors même que les marchés financiers végétent entre deux eaux, trop tard pour vendre, trop tôt pour acheter... hold on.

En face, les foufous de service s'agitent. Pas très étonnant. Déjà qu'en période de croissance la France est en déclin, elle plonge dans le super méga déclin lorsque la croissance n'est plus au rendez vous ! Sur la forme Baverez exagère, sur le fond du propos je ne peut qu'adhérer. J'en ai plus que marre que Sarkozy et son gouvernement entretienne matins, midis et soirs, à la télé comme à la radio, la thématique du pouvoir d'achat. Cela en devient ridicule. La seule et unique manière de créer du pouvoir d'achat reste sans nul doute de laisser prospérer l'activité économique en agissant a posteriori sur le levier des salaires pour détendre la situation. Sur le niveaux des prix des matières premières aucune marge de manoeuvre ne se dégage. L'Europe, planquée derrière un euro fort (quoique désormais calmé par les chiffres de croissance) encaisse déjà ce qui est encaissable. Ce n'est pas avec les réformettes socialistes UMP que la croissance repartira. En l'espèce la situation est un poil comique. Prenons du recul. Depuis des mois, Sarkozy et son gouvernement nous annoncent à grand renfort de conférences de presse que ce coquin pouvoir d'achat qui s'est caché ne vas pas tarder à revenir. Manqué. La conjoncture internationale tirée vers les profondeurs par la désormais célèbre crise des "subprimes", par la crise financière puis entretenue par l'inflation des matières premières ferme peu à peu les robinets de financements et donc de croissance économique.

Le robinet se ferme et le gouvernement ne cesse de proposer aux français de venir remplir leurs bouteilles. Sans croissance il n'y aura pas de pouvoir d'achat. Sans pouvoir d'achat, ce sera de toute manière l'impopularité assurée. Alors quitte à être impopulaire, autant plonger aveuglément les mains dans le moteur et ne pas céder aux sirènes socialistes et démagogiques qui ne jurent que par la redistibution directe et la relance par le budget créatrice de dette.

Au regard de l'actu du jour, cela se présente plutôt (très) mal.

Hors jeu

Tu sais cher lecteur que je ne parle pas souvent de cinéma ici. Et pourtant. Sais tu que je me suis rendu hier soir à l'une des premières séances du dernier Batman. "The dark knight"... Si le film n'est en rien un chef d'oeuvre du 7ème art, il n'en reste pas moins l'un des plus réussi de la série des films consacrés au héros "comics".

Mais rassures toi, je ne m'exprime pas ici pour te chanter les louanges de ces quelques images diffusées sur un grand écran blanc. Non. Je souhaite simplement te conseiller d'aller voir ce film (en VO). Pas pour l'histoire, pas pour batman, ni même pour l'ambiance noire de l'opus mais bien pour la performance époustouflante de Heath Ledger alias "Joker".

Là où les personnages psychopathes de ce type portent souvent des masques froids et impersonnels, lui se pare de peintures qui n'accroissent que plus tous les tics d'un visage qui dessine les contours d'un personnage vraiment unique. Dommage que la carrière (et la vie) du jeune homme en question se soient perdus dans une boite de médicaments, car des joyaux pareils, il y en a que trop rarement.

J'attends avec impatience vos avis éclairés. Bon week end.

Quand Lama pas content...

En ces temps olympiques, il faut bien avouer que la longue visite du Dalaï Lama en France passe pour le moins inaperçu. La manière avec laquelle la maison France le reçoit n'y est sans doute pas étrangère.

Par ce billet, je voudrais tout d'abord souligner la justesse de l'action française en la matière. Dans une logique on ne peut plus cartésienne, Sarkozy à décidé de ne pas offrir les honneurs de la République a son hôte tout en lui réservant une entrevue avec le Sénat et Carla, une occasion rêvée pour lui refiler son dernier opus qui devrait ravir les adeptes de la robe mono bras lors des périodes de méditations. Sur le plan diplomatique, cette décision me semble d'autant plus justifiée qu'elle permet à nos athlètes de se fondre dans le moule olympique au lieu de cristalliser sur notre drapeau et notre délégation tout le patriotisme chinois. Évidemment N. Sarkozy s'est couché. Évidemment la France avec. Évidemment... mais comme tout le monde.

Mais la France n'est pas un pays comme les autres. Ils possèdent en son sein les dignes héritiers de la droite lignée des humanistes, devenus bien plus donneurs de leçons que créateurs de nouvelles idées. Ces gens pour qui être français signifie avant tout couvrir la planète de toute la connaissance Française en matière de liberté et de droits de l'homme. Une belle brochette de penseurs de bistrot. Ceux là même qui critiquent la mission "made in croisade" des USA en Irak... Évidemment Sarkozy s'y croit aussi, les Bétancourt, les infirmières et "toutes les femmes du monde" outragées. Évidemment.

Les socialistes, toujours prompts à défendre la veuve et l'orphelin, humanistes et républicains devant l'éternel, s'offusquent encore de l'accueil plutôt frais réservé au Dalaï Lama. Souvenez vous, il y a peu, Delanoë s'était même fendu d'une décoration parisienne pour faire parler de lui, faire chié Sarkozy au moins autant que la Chine. Aujourd'hui encore, les socialistes me font rire. A la longue, je me demande même s'ils ne sont pas friands du ridicule ou peut être simplement stupide. Le voyage de N. Sarkozy au Vatican avait donné lieu à un furieux débat sur la mise en danger du principe de laïcité, fondement de nos valeurs républicaines. Les discours politiques enflammés nourrissaient les groupes citoyens sur le Web 2.0 du type "Sarkozy, ma laïcité, tu l'aimes ou tu la quittes" sur le site communautaire Fessebouc. Au PS, ces même membres s'offusquent aujourd'hui du manque de reconnaissance conscient et choisi envers le Dalaï Lama. Sur le web 2.0, les moutons suivent au pas. Visiblement la laïcité et la défense des droits de l'homme sont deux choses distinctent impossible à défendre simultanément.

Car cette persistance à défendre aveuglément des principes obscurs, souvent méconnus pour l'unique raison d'emmerder un pays qui ne respecte effectivement pas les principes qui sont les nôtres m'indispose quelque peu. Avant que les trolls ne s'offusquent, je précise. La Chine ne respecte pas les droits les plus basiques des sociétés développées. Dont acte. Je suis personnellement convaincu d'un futur plus radieux pour la Chine et les Chinois tant le développement des libertés économiques nécessite à plus ou moins long terme une totale liberté individuelle. Ceci est un point de vue tout à fait réfutable.

Ce qui reste en revanche moins réfutable c'est le caractère idiot et tout bonnement irritable des réactions de certains citoyens français. Regardez les agiter de beaux drapeaux en vociférant "Free Tibet". Que dirait ces même sauveurs si des Argentins ou des Américains déployaient une banderole "Corse Libre" ou "Bretagne Libre" ? Que diraient ils ensuite si Nicolas Sarkozy offrait les honneurs de notre république laïque au Pape Benoît XVI, celui là même qui persiste à renier l'avortement ? Certains responsables religieux sont ils plus respectables que d'autres ? Foutaise.

En ce mois d'été nous devrions organiser un grand dîner de con. Un rendez vous qui n'aurait rien à envier à la célèbre pièce de théatre et qui pourrait permettre à certains membres du PS et à d'autres citoyens de défendre les thèmes qui leurs tiennent tant à coeur.

L'Europe, la Russie, la Géorgie... et le pétrole

Avant que certains lecteurs agressifs ne se déchaînent. Je souhaite préciser que ce billet n'est que le résultat de mes lectures récentes grâce auxquelles je tente ici de dégager les quelques raisons d'un conflit opaque et rarement expliqué en profondeur. Je suis ouvert au débat et aux explications de toutes natures.

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Trêve olympique oblige, le conflit opposant la Russie à la Géorgie a basculé en pleine cérémonie d'ouverture des JO. Là, entre deux tableaux humains et deux bombes de feux d'artifices, Poutine a sûrement du avoir l'esprit ailleurs, légèrement plus à l'Ouest.

Il n'est plus le président de la Russie mais ces évènements semblent remettre les choses à leurs places. C'est lui qui présente l'intervention Russe comme "bien fondée" c'est encore lui qui reçoit les coups de téléphone des responsables politiques occidentaux. C'est enfin lui qui débarque devant les caméras en tenue décontractée sur une piste d'aéroport à la rencontre des réfugiés de l'Ossétie du Sud. Contrairement à l'ami Toréador, je ne crois guère à l'hypothèse de la récupération de "l'espace vital". Ce conflit me semble bien plus géopolitique et économique qu'idéologique.

Officiellement, ce conflit fait intervenir trois acteurs majeurs. La Russie, La Géorgie et la région d'Ossétie. Cette Ossétie est partagée en deux, au Nord et au Sud. La partie Nord est indépendante depuis 1930 et rapidement rattachée à la Russie. La partie Sud elle, est propriété Géorgienne depuis 1991 et ce, malgré le fort sentiment russe qu'exprime sa population. Trois ans plus tard, cette petite région se déclare indépendante, mais ne se voit pas reconnaître comme telle par la communauté internationale. La Russie lorgne depuis longtemps sur l'intégralité de l'Ossétie dont la richesse des sols explique les convoitises. Misant sur un soulèvement interne et un basculement des territoires dans leur musette, les Russes n'en étaient pas moins en attente du moindre affront pour justifier une intervention militaire.

Aujourd'hui c'est le cas. Car le nouveau président Géorgien Mikhaïl Saakachvili est un nationaliste convaincu est il n'a guère hésité, dès son élection, à remettre au goût du jour la problématique de l'Ossétie.

Deux choses m'interpellent. D'abord, et ce n'est un secret pour personne, le conflit semble arranger tout le monde. La Russie est bien aise d'intervenir de cette manière en Géorgie, s'attribuant d'une certaine manière l'Ossétie du Sud d'une part mais surtout en rendant neutre la menace concurrentielle (économique) de son voisin géorgien. La Géorgie quant à elle, ne se gène pas pour se fendre d'un léger génocide, histoire de laver ces terres de quelques indépendantistes gênants. De tout cela, il faut retenir que la Géorgie, outre le fait de posséder un sol d'une richesse rare, dispose d'un réseau de pipeline qui arrose la Turquie puis l'Europe en pétrole régional. La libre concurrence en la matière semble irriter nos amis Russes.

N'étant pas un spécialiste, je m'en remet aux connaisseurs en la matière, je pense notamment à notre ami Quindi... Mais d'une certaine manière, la clé de ce conflit se situe dans cette carte. Étudiez le schéma, ôtez y les pipelines rouges traversant la Géorgie, et vous donnez directement les clés du pétrole régional aux Russes. Quelle aubaine ce conflit pour la Russie ! A ce constat, s'ajoute l'échec de la politique occidentale dans la région.

Car depuis les années 1990, la Géorgie ne cesse de soumettre les régions indépendantes à l'exercice démocratique. Récemment encore (2006), l'indépendance de l'Ossétie était adoptée par la majorité des votants. Une fois encore, la communauté internationale n'accordait pas à l'Ossétie sa reconnaissance officielle. J'y vois plusieurs raisons. La première, purement politique retranscrit un total refus international de voir l'Ossétie entière rattachée au géant Russe. Car faire cela, c'est ouvrir la boite de pandore en prenant le risque de déséquilibrer la région si tenté que d'autres revendications dans d'autres pays d'ex URSS refassent surface. Hypothèse trop risquée tant les sentiments pro-russes sont parfois écrasants ici où là.

La seconde est purement économique et géopolitique. La Géorgie offre aujourd'hui l'indescriptible chance aux pays de l'Ouest occidental (notamment l'Europe) de s'approvisionner en pétrole et gaz ailleurs que par l'intermédiaire des Russes. Dans le contexte actuel de fortes tensions sur les marchés des matières premières, il est inévitable que celui qui contrôle le robinet contrôle ses clients. En l'espèce certains cherchent à se substituer à cette pression lorsque d'autres cherchent à en acquérir la plénitude.

En souhaitant conserver cette région du monde dans une paix factice plus ou moins durable mais dangereusement approximative pour des raisons économiques et politiques citées ci dessus, la situation actuelle tend à offrir la paternité du conflit aux Russes et aux Occidentaux (notamment Européen).

Et d'ailleurs, ce n'est à mon avis pas un hasard si l'Europe, par l'intermédiaire de la France s'est empressée de proposer un plan de sortie de crise aux deux protagonistes Russe et Géorgien. Le plus dur reste cependant à venir. L'Europe ne souhaite pas se tenir sous la coupe Russe, les Géorgiens envisagent de conserver la plus riche de leurs terres et les Russes quant à eux, ne lorgent que sur une chose:

L'hypothétique hégémonie Russe sur l'approvisionnement du pétrole et du gaz en Europe.

Deux mondes

Photo remarquable publiée ce week-end dans le quotidien L'équipe. Je vous la poste:

A gauche, la partie visible de Pékin. "Un monde, un rêve" peut on lire sur une banderolle de promotion des JO. A 5 m de ce monde, l'autre Chine, honteusement dissimulée derrière de hautes barricades. (Source: L'équipe)


Tour des blogs

Hup un petit billet léger du mois d'Août. Je vous propose d'embarquer a mes côtés et de faire un tour de "ma" blogosphère. Critiques et lauriers à mes confrères blogueurs que je prends chaque jours le temps de lire et de commenter avec grand plaisir.

Favoritisme oblige, les Kiwis occupent une place toute particulière dans ma blogroll. C'est avec certains d'entre eux que j'ai commencé, voilà deux années à discuter politique sur la toile. Que ce soit Toré, Chafouin pour l'étendue des sujets abordés et le style particulier ou même Pierre pour ses connaissances, en particulier dans les domaines institutionnels et européens, je m'efforce de ne jamais rater de billets. Depuis nos débuts, la famille s'est agrandie et les autres membres n'échappent pas non plus à mes visites quotidiennes.

Au delà de la famille, le terrain de jeu brille surtout par son étendue et le degré d'ouverture du panel politique. A droite, les immuables Authueil et Koz accompagnent les LHC Criticus et Lomig. Le sympathique gardois FalconHill et l'ex kiwis Rose Noire complètent un tableau dépourvu depuis peu de mon blog favori: Charle's. Au centre, l'éternel bizarro-narcissique Luc demeure en bonne place. Visiteur de longue date de cette tribune, elle est depuis peu complétée dans mon netvibes par notre centriste Kiwisien préféré. A gauche, une tribune rarement aveuglément contestataire d'un blogueur que j'apprécie tout particulièrement: Frednetick. Sur cette page, vous ne trouverez que des billets fouillés agrémentés d'un humour si spécial qui donne une saveur toute particulière au FrednetickWorld. Plus situés dans le débat d'idées et les solides empoignades, une partie des "Left_blogs" au premier rang desquels Marc Vasseur, Nicolas et Donatien dont les billets enflammés me poussent souvent jusqu'aux commentaires.

Il y a enfin les inclassables Malakine, Quindi, Sorman, Cratyle ou encore Eolas ...

Autant de pages, autant d'infos et d'opinions. Un régal.

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